Définitions du paysage


Il est difficile de parler objectivement du paysage. Il n'y a pas un paysage, mais des paysages, reflets des approches de chacun.


Étymologiquement

Le paysage est l'agencement des traits, des caractères, des formes d'un espace limité, d'un pays. Portion de l'espace terrestre saisi horizontalement par un observateur, il implique un point de vue. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Paysage)

 

Pour l'architecte

L'objet construit doit signifier clairement la participation croisé de l'homme et de la nature, dans l'élaboration d'une œuvre commune.
Puis les bâtiments identifiables, voire emblématiques, deviennent éléments de définition de paysage.
La perception sensible du territoire se traduit par des formes, des couleurs, des volumes, des pleins et des vides.

 

 

Moulins

 
Paris



Pour le géographe

Le paysage est un morceau de territoire déterminé par des forces géographiques et écologiques, produit également par des actions humaines.

 

«Depuis longtemps l'une des notions les plus fécondes de la géographie est celle de paysage, c'est-à-dire une combinaison de traits physiques et humains qui donne à un territoire une physionomie propre, qui en fait un ensemble sinon uniforme, du moins caractérisé par la répétition de certains traits.»


E.Julliard "La région : essai de définition"

 

Pour les artistes



A la différence des géographes,  les artistes créent des paysages qui intègrent dans leur définition des variables liées à l'éphémère : les états passagers de l'atmosphère (brume, soleil, pluie, aube, nuit, crépuscule...), et des états liés à la sensibilité (gaieté, tristesse...).


 
"Nuit des étoiles filantes" V. Van Gogh
 
"Il n'y a rien dans cette scène, prise en elle-même, qui soit particulièrement intéressant ou impressionnant. Les montagnes ne sont ni hautes ni d'une forme particulièrement belle, et les amas de pierres qui encombrent le lit du Tessin ne présentent rien de notable à l'oeil ordinaire. Mais, en réalité, on accède à cet endroit par l'une des gorges les plus étroites et les plus sublimes des Alpes et après que le voyageur, pendant les premières heures de la journée, s'est familiarisé avec l'aspect des plus hauts sommets du Saint-Gothard. Le lieu lui parle donc une langue tout à fait différente de celle dans laquelle il s'adresserait à un spectateur non préparé : les pierres en désordre, qui par elles-mêmes n'auraient pratiquement pas de prise sur ses pensées, deviennent l'indice de la rage de la rivière le long de laquelle il a voyagé tout le jour; le défilé de l'autre côté, qui n'est en lui-même ni étroit ni effrayant, inspire cependant de la terreur car on imagine qu'il ressemble à la gorge que l'on vient de traverser au-dessus; et bien qu'aucune montagne très élévée ne le domine immédiatement, le spectable donne l'impression de posséder la force des puissants sommets que l'on ne voit pas, au Nord, et d'en tirer ses caractères essentiels.

En conséquence, tout relevé topographique de ces faits sera absolument incapable de faire naître dans l'esprit du spectateur les sensations qui seraient occasionnées par les faits eux-mêmes, vus dans leurs relations naturelles avec leur environnement. Et le but du grand paysagiste inventif doit être de rendre la vérité, infiniment plus haute et plus profonde, de la vision mentale plutôt que celle des faits physiques, et d'atteindre à une représentation qui, bien qu'elle risque d'être totalement inutile aux ingénieurs et aux géographes et, soumise à l'épreuve de la règle et de la mesure, de ne ressembler en rien à l'endroit représenté, sera malgré tout capable de produire dans l'esprit du spectateur lointain la sensation précise que la réalité aurait produite, et de mettre son coeur dans les dispostions où il se serait trouvé, s'il était véritablement descendu dans la vallée en partant des gorges d'Airolo."

John ruskin "Les peintres modernes : le paysage"



Pour l'écologue

Le paysage est un ensemble cohérent d'écosystèmes en interaction.

 

Pour le sociologue

Le paysage est l'expression des activités humaines et le miroir des sociétés.

 





Pour l'historien

Le paysage est la mémoire des hommes : une mémoire physique, inscrite dans les lieux, des sociétés qui les ont précédées.




Pour les institutions

« La notion de protection ou de préservation du patrimoine paysager a souvent tendance à figer les espaces dans un état illusoire du passé d’où le mouvement de la vie est absent et où l’homme apparaît davantage comme ennemi que comme composante du milieu. Il est normal de voir les paysages vivre et se transformer au gré des sociétés qui les produisent. L’enjeu culturel que portent les CAUE dans leurs actions ne s’arrête donc pas à la mémoire de lieux. Il tente d’englober aussi les dimensions sensibles, le respect des spécificités historiques et géographiques et la créativité contemporaine. Tout l’enjeu est là.»
 
« Penser le paysage est une manière de rassembler les regards et les intérêts autour d’un projet qui engage la société. »

C.Gaudin, Président de la FNCAUE – LES ACTES, colloque européen Agricultures et Paysages



« Le regard sur le paysage est pluriel : regard de connaissance et de savoir, regards de plaisir, émotion esthétique et poétique, ou à l’opposé sentiment de confusion et regard de rejet…Il est à la fois de l’ordre du collectif et du social et de l’ordre de l’intime »

 

Points de vue, Paysage-en-gironde.cap-sciences.net


« Image fixe ou lointaine, objet du regard, les paysages sont bien plus riches et complexes qu’il n’y paraît au premier coup d’œil. Ils font réellement partie de notre quotidien. Les paysages rassemblent les lieux et les émotions qui forment le cadre de nos actions, de nos projets, de nos vies.(…) Malgré des repères communs, des indices du temps qui, pris un par un, peuvent être reconnus par quiconque, le paysage n’est pas le même pour tous. En effet, il n’est pas regardé de manière identique par chacun d’entre nous. Dans un même lieu, selon l’histoire, les connaissances et la sensibilité de chacun, l’interprétation du paysage sera différente. Tableau coloré pour les uns, lieu de travail ou encore terrain d’études scientifiques pour les autres, chaque individu se construit une image unique du paysage. »
 
D’un paysage… à l’autre, CAUE de Saône et Loire. Lexique sur le paysage p.109 de la brochure.


« Le paysage vécu, c’est le regard sensible des individus et des groupes sur le monde alentour. A partir de la tonalité générale et des signes distinctifs qui se dégagent de la composition, l’appréciation est sensorielle et culturelle, chacun en forge sa propre lecture à la mesure de son expérience et de son parcours. Pour autant, la perception des habitants et des visiteurs dépend largement des caractéristiques physiques visibles qui influent sur les ambiances et le ressenti des sites et des lieux. (…) A l’encontre de tout élitisme, architecture et paysage sont un langage culturel et sensoriel qui contribue à s’inscrire dans les formes contemporaines de la société. Or, nous apportons présentement avec notre consommation irraisonnée d’espace et notre constructivisme, une grosse pierre à l’édifice paysager des générations futures. Sauf à considérer comme obsolète la notion d’attachement, appliquons nous à rendre le cadre de vie attachant, représentatif de notre époque et situé dans l’évolution. »
 
Jean-Jacques Verdier – Fédération Française de Paysage.


Adoptée le 20 octobre 2000 à Florence par le Conseil de l’Europe, la Convention Européenne du Paysage est entrée en vigueur en France le 1er juillet 2006.

• Le texte donne une définition du paysage : « portion de territoire telle que perçue par les populations et dont le caractère résulte de facteurs naturels et humains et de leur interrelations ». Cette définition conduit à envisager le paysage dans sa globalité, (dans sa matérialité et dans la façon dont il est perçu), et non pas seulement selon une acceptation particulière (esthétique ou géographique ou écologique ou…).

• Les Etats signataires (ils sont 30, début 2009) s’engagent notamment à :

- « reconnaître juridiquement le paysage… »
- « définir et mettre en œuvre des politiques du paysage visant la protection, la gestion et l’aménagement des paysages… »
- « mettre en place des procédures de participation du public, des autorités locales et régionales et des autres acteurs concernés… »
- « intégrer le paysage dans les politiques d’aménagement du territoire, d’urbanisme et dans les politiques culturelles, environnementales, agricoles… » et à mettre en œuvre des actions de sensibilisation, de formation et d’éducation, d’identification et de qualification des paysages, à définir des objectifs de qualité paysagère. » Cadre juridique, outils et compétences pour le paysage en agriculture.
 
 APPORT paysages agricoles

 




 

À consutler :

 

Diaporama 

Paysages de l'Allier

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

À consulter :

 

Site de l'atlas pratique des paysages d'Auvergne