Bâtiments agricoles et paysages…une réflexion globale
Un projet de construction fait partie d’un tout et ne doit pas être considéré comme isolé ou autonome mais au service de l’exploitation dans sa globalité.
Maîtriser la construction des nouveaux bâtiments agricoles, c’est participer à l’élaboration de l’environnement de demain, sa qualité, son image, sa valeur.
Analyser :
- C’est dans un premier temps faire un état des lieux de l’existant : les bâtiments, la végétation, le voisinage, le relief, le paysage, l’orientation…
- C’est définir des besoins : surfaces de stockage, couchage, évolution. Prise en compte des accès, des circulations et des liaisons sur toute l’exploitation, évolution des besoins futurs.
Tenir compte des contraintes :
C ’est répondre à différents critères réglementaires, techniques, environnementaux, …
- La réglementation existe sur le plan de l’environnement : règlement sanitaire départemental, installations classées pour la protection de l’environnement ; sur le plan de l’urbanisme : plan local d’urbanisme, carte communale ou règlement national d’urbanisme, servitudes d’utilité publique éventuelles…
- Les contraintes techniques sont liées à la production, à l’élevage, …
- Les composantes bâties et paysagères du lieu sont déterminantes.
Après avoir défini l’organisation fonctionnelle de l’exploitation, il faut retenir des principes de base : l’implantation du bâtiment, sa composition, les matériaux, les couleurs, l’accompagnement végétal… Il faut prévoir l’ensemble des travaux, même les finitions, les plantations.
La position du bâtiment :
C’est un choix déterminant qui nécessite de comprendre comment le terrain est occupé, comment les bâtiments et les équipements sont reliés entre eux. Les hypothèses d’implantation et d’orientation sont liées directement à l’ensoleillement, aux vents dominants, aux ruissellements, aux voiries et aux réseaux mais aussi aux vues de l’exploitation, proches ou lointaines, et aux vues depuis l’exploitation.
Relief et bâtiments :
La question des vues peut paraître anecdotique, mais ne l’est pas dans un paysage de relief comme celui de la Montagne Bourbonnaise. Le relief demande d’être très vigilant car en général il favorise les points de vue multiples sur un même endroit, et la vision lointaine d’une exploitation est bien souvent la première approche, la plus déterminante.
Ainsi les nouveaux bâtiments agricoles et les dimensions qui les accompagnent doivent s’intégrer harmonieusement avec ce qui les entoure plutôt que de heurter le regard en se montrant ostensiblement dans le paysage.
Intégration paysagère :
L’Allier a des paysages de grande qualité qui ont été entretenus, voir façonnés par l’agriculture. Il serait dommage que les nouvelles règles et les mises aux normes qui en découlent soient synonymes de dévalorisation de l’image de l’agriculture.
Pour cela il est nécessaire d’être attentifs à certains points particulièrement liés à l’implantation:
- éviter par exemple l’implantation en sommet de colline qui ne fait qu’exposer le bâtiment aux intempéries et aux regards.
-de la même façon, un bâtiment situé en fond de vallon risque de recevoir plus d’eau que de soleil.
- Plus le relief est important, plus le terrassement doit être pris en compte. Est-ce qu’un bâtiment posé sur un plateau, avec le prix d’un énorme terrassement est plus pratique, moins coûteux qu’un bâtiment bien étudié qui se sert du terrain ?
Qu’est-ce qui respecte le plus le paysage mais aussi le travail et le bien être de l’agriculteur sur un tel terrain ?
- Le choix des matériaux doit être affiné lorsqu’il y a du relief pour plusieurs raisons : comme dit précédemment les angles de vues sont multipliés, et l’objectif sera que le bâtiment participe à sa façon au paysage en le respectant plutôt qu’en s’imposant. Ainsi toutes les couleurs trop claires ou trop brillantes sont à proscrire, la préférence allant aux dominantes sombres proches de ce qu’il est donné de voir dans la nature. La végétation aide bien sûr énormément à accompagner tout type de construction.
Enfin Le relief est souvent synonyme d’altitude, le choix des matériaux doit donc permettre de résoudre certains désagréments comme les grands écarts de température ou les problèmes de condensation.
Le bois :
Le bois permet par sa souplesse de mise en œuvre, par ses qualités de matériau naturel de résoudre au mieux les questions de confort et de qualité paysagère: il a l’avantage plus que tout autre matériau d’absorber l’humidité, de simplifier les problèmes de ventilation, d’isolation, de condensation. Sa facilité de mise en œuvre le rend adaptable à tout type de construction et permet souvent l’auto construction.
Le grain et la texture du bois, matériau vivant facilitent l’insertion paysagère des bâtiments.
Un travail d’équipe :
C’est le travail du concepteur, et notamment de l’architecte que de trouver des solutions aux contraintes d’adaptation au terrain, de traduire l’organisation générale préalablement définie en volumes et d’optimiser l’aspect du bâtiment tout en répondant aux souhaits de l’exploitant, et à ses possibilités financières
Un travail d’équipe, technicien agricole et architecte, doit s’instaurer pour servir objectivement les intérêts de l’agriculteur, en s’affranchissant des stratégies parfois trop commerciales ou trop administratives.
Le CAUE : L’architecte CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement) peut vous conseiller gratuitement très en amont de votre projet pour engager ces multiples réflexions de manière objective sans pour autant se substituer au maître d’oeuvre.
Il faut rappeler que pour encourager cette approche, le Conseil Général accorde des financements sous réserve de l’avis du CAUE, chargé de l’application de recommandations regroupées dans une plaquette : « Bâtiments agricoles et paysages de l’Allier » disponible sur simple demande.
CAUE DE L'ALLIER
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Tél : 04 70 20 11 00 - Courriel : caue03@wanadoo.fr